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Cumul emploi-retraite du dirigeant : attention, les règles changent au 1er janvier 2027

Partir à la retraite ne signifie pas nécessairement arrêter de travailler.


Un dirigeant peut, sous certaines conditions, percevoir sa pension de retraite tout en continuant à exercer une activité rémunérée dans son entreprise.


Mais une réforme importante entre en vigueur au 1er janvier 2027. Pour certains dirigeants actuellement proches de la retraite, la date choisie pour liquider leurs droits peut donc avoir des conséquences financières très importantes.



Jusqu’au 31 décembre 2026 : taux plein ou cumul plafonné

Pour les personnes dont la première retraite de base prend effet avant le 1er janvier 2027, il existe principalement deux situations.


Le dirigeant peut cumuler sans plafond :

  • ses pensions de retraite ;

  • et la rémunération tirée de la poursuite ou de la reprise de son activité.


Pour bénéficier de ce cumul intégral, il faut notamment :

  • avoir liquidé l’ensemble de ses retraites obligatoires de base et complémentaires ;

  • avoir atteint l’âge légal de départ à la retraite ;

  • disposer de la durée d’assurance permettant d’obtenir une retraite à taux plein.


À défaut de disposer du nombre de trimestres nécessaire, le cumul intégral devient possible à 67 ans, âge du taux plein automatique.


Attention : taux plein ne signifie pas toujours cumul intégral

Le taux plein ne suffit pas à lui seul. C’est notamment le cas d’un assuré bénéficiant d’un départ anticipé pour carrière longue. Même s’il bénéficie d’une retraite à taux plein, il ne peut normalement pas bénéficier du cumul intégral tant qu’il n’a pas atteint l’âge légal de départ à la retraite. Il relève alors du cumul plafonné.

Lorsque toutes les conditions du cumul intégral ne sont pas remplies, le dirigeant peut néanmoins exercer une activité, mais le niveau de revenu pouvant être cumulé avec les pensions est limité. Les règles diffèrent selon son statut social.


Dirigeant assimilé salarié

Sont notamment concernés :

  • le président de SAS ou SASU ;

  • le directeur général de SAS ;

  • le gérant minoritaire ou égalitaire rémunéré de SARL.

Le cumul entre les pensions et les nouveaux revenus professionnels est soumis à un plafond. En cas de dépassement, la pension de retraite peut être réduite.


Dirigeant travailleur non salarié

Sont notamment concernés :

  • le gérant majoritaire de SARL ;

  • le gérant associé unique d’EURL.

Des plafonds spécifiques aux travailleurs indépendants s’appliquent.


Il est donc indispensable, avant toute simulation, de déterminer précisément le statut social du dirigeant.

La liquidation d’une pension de retraite suppose en principe une cessation de l’activité professionnelle.


Pour un président de SAS ou de SASU, il convient donc en principe de mettre fin à son mandat avant la liquidation.


Toutefois, lorsque les conditions du cumul emploi-retraite intégral sont réunies, le dirigeant peut être à nouveau nommé.


En pratique, le schéma peut donc être :

cessation du mandat → liquidation des retraites → nouvelle nomination comme président.

Dans le cadre du cumul intégral, cette nouvelle nomination peut intervenir dès le lendemain.


Il n’est donc pas nécessaire pour un président de SAS remplissant les conditions du cumul intégral de rester six mois sans exercer son mandat.

Cette question est souvent source de confusion.

Il faut distinguer le versement de la pension de l’acquisition de nouveaux droits à retraite.


En cumul intégral

Lorsqu’un assuré reprend immédiatement une activité chez son dernier employeur, sa pension peut continuer à être versée dans le cadre du cumul intégral.

En revanche, pour la retraite de base, la reprise auprès du dernier employeur avant l’expiration d’un délai de six mois ne permet pas immédiatement d’acquérir de nouveaux droits au titre de cette activité.

Le délai de six mois conserve donc un intérêt en matière de constitution d’une seconde retraite.


En cumul plafonné

La conséquence est plus importante.

Une reprise d’activité chez le dernier employeur avant l’expiration du délai de six mois peut entraîner la suspension temporaire du versement de la pension de retraite de base.

Cette problématique concerne essentiellement les situations salariées.

Pour un gérant majoritaire TNS, il n’existe évidemment pas de notion de « dernier employeur » : les règles spécifiques aux travailleurs indépendants doivent être appliquées.


À compter du 1er janvier 2027 : changement complet de logique

Les nouvelles règles concernent les personnes dont la première pension de retraite de base prend effet à compter du 1er janvier 2027.

Le système est profondément modifié.

Le critère essentiel devient désormais l’âge du retraité.


Lorsqu’une personne a liquidé sa retraite avant l’âge légal, les revenus tirés d’une nouvelle activité viennent réduire sa pension.

La réduction intervient dès le premier euro de revenu professionnel.

Le cumul emploi-retraite devient donc particulièrement peu attractif dans cette situation.

Entre l’âge légal et 67 ans, un certain montant de revenus professionnels pourra être perçu sans réduction de la pension.


Au-delà de ce seuil : la pension sera réduite de 50 % du montant du dépassement.

Un seuil de 7 000 € brut par an a été annoncé pour ce dispositif.

Il conviendra néanmoins de vérifier le montant définitivement applicable au regard des textes réglementaires en vigueur lors de la liquidation.


Exemple

À supposer un seuil fixé à 7 000 € :

  • revenus professionnels : 25 000 € ;

  • seuil : 7 000 € ;

  • dépassement : 18 000 € ;

  • diminution de la pension : 9 000 €.

La différence avec le régime actuel de cumul intégral peut donc être considérable pour un dirigeant souhaitant conserver une rémunération importante.

À partir de 67 ans, le cumul redevient intégral :

pensions de retraite + revenus professionnels sans plafond.

Le dirigeant pourra donc exercer une activité rémunérée sans réduction de sa pension liée au montant de cette rémunération.

Pour les retraites soumises au nouveau dispositif applicable à compter du 1er janvier 2027, l’ancienne logique de délai de six mois en cas de reprise chez le même employeur disparaît.

La réglementation repose désormais principalement sur l’âge de l’assuré au moment du cumul.


Avant ou après le 1er janvier 2027 : une différence majeure

On peut résumer les deux systèmes de la manière suivante.

Âge légal atteint + taux plein + toutes les retraites liquidées


➡️ CUMUL INTÉGRAL

➡️ Pension + rémunération professionnelle sans plafond


À défaut :

➡️ CUMUL PLAFONNÉ

➡️ Pension susceptible d’être réduite en fonction du niveau des revenus.

Avant l’âge légal

➡️ Les revenus d’activité réduisent la pension dès le premier euro.


Entre l’âge légal et 67 ans

➡️ Cumul limité à un seuil annuel ;

➡️ puis réduction de la pension égale à 50 % du dépassement.


À partir de 67 ans

➡️ CUMUL INTÉGRAL SANS PLAFOND.

Pour un dirigeant actuellement proche de la retraite, la date de liquidation de ses droits mérite donc une attention particulière.


La situation doit notamment être étudiée lorsqu’il :

  • a atteint ou va atteindre son âge légal ;

  • dispose du nombre de trimestres nécessaire au taux plein ;

  • peut liquider l’ensemble de ses retraites ;

  • souhaite conserver son mandat ;

  • souhaite continuer à percevoir une rémunération significative après son départ en retraite.


Dans certaines situations, liquider sa première retraite avant l’entrée en vigueur du nouveau dispositif peut présenter un avantage important.


À l’inverse, une liquidation à compter du 1er janvier 2027 peut conduire à une limitation importante du cumul jusqu’à 67 ans.


Il ne faut toutefois pas raisonner uniquement en fonction du cumul emploi-retraite.


Une étude complète doit également intégrer :

  • le montant de la pension immédiatement liquidable ;

  • l’intérêt éventuel d’une surcote en cas de poursuite d’activité ;

  • la rémunération future envisagée ;

  • le coût des cotisations sociales ;

  • les nouveaux droits à retraite susceptibles d’être acquis ;

  • la fiscalité personnelle ;

  • et la situation familiale et patrimoniale du dirigeant.


En conclusion

Pour un dirigeant qui souhaite continuer à travailler après sa retraite, 2026 constitue une année particulièrement importante.


Avant 2027, le dispositif peut encore permettre, sous certaines conditions, de percevoir simultanément :

100 % de sa pension de retraite + 100 % de sa rémunération professionnelle.


À compter du 1er janvier 2027, le dispositif sera beaucoup plus restrictif avant 67 ans.


Pour les dirigeants concernés, il est donc recommandé de réaliser une simulation comparative avant 2027 / après 2027 avant de fixer définitivement la date de liquidation de la retraite.



Cette présentation est volontairement synthétique. Les modalités du cumul emploi-retraite dépendent du statut du dirigeant, des régimes auxquels il est affilié, de son âge, de sa carrière et de la nature de l’activité poursuivie. Chaque situation doit faire l’objet d’une analyse individualisée.

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