• Jérôme CRUVEILHER

Allocution d’Emmanuel Macron : ce qu’il faut en retenir

Lors de sa neuvième prise de parole solennelle depuis le début de la crise du Covid-19, Emmanuel Macron a annoncé qu’une troisième dose de vaccin sera nécessaire aux plus de 65 ans s’ils veulent conserver leur passe sanitaire.


Vers une troisième dose pour les plus de 50 ans

Le chef de l’Etat a annoncé qu’une troisième dose de vaccin sera nécessaire aux plus de 65 ans s’ils veulent conserver leur passe sanitaire au-delà du 15 décembre. Alors que le nombre de cas quotidien remonte et que des études montrent une baisse de l’efficacité vaccinale au bout de quelques mois, cette catégorie est la plus à risque. Selon le ministère de la santé, la moitié des patients hospitalisés en soins critiques ont actuellement plus de 65 ans, alors qu’ils n’étaient qu’un tiers à la fin du mois d’août.


« Les personnes qui ont moins de 65 ans voient aussi la protection conférée par le vaccin diminuer avec le temps. D’ailleurs, au moment où je vous parle, plus de 80 % des personnes en réanimation ont plus de 50 ans, a-t-il ajouté. C’est pourquoi une campagne de rappel sera lancée à partir du début du mois de décembre pour nos compatriotes âgés de 50 à 64 ans. »


La simple annonce, vendredi, de l’allocution présidentielle a donné un coup d’accélérateur aux demandes de rendez-vous de vaccination. Lundi, plus de 97 000 créneaux ont été réservés pour une troisième dose sur Doctolib, soit plus du double de la moyenne des dernières semaines.


Une nouvelle loi pour la sécurité intérieure

Outre les annonces sur le passe sanitaire, Emmanuel Macron a fait savoir qu’une loi de programmation pour la sécurité intérieure sera présentée au premier trimestre 2022. Selon le chef de l’Etat, ce texte doit donner plus de moyens aux forces de l’ordre et alléger leurs contraintes bureaucratiques.


Emmanuel Macron défend sa vision de la réforme des retraites

Si les conditions « ne sont pas réunies pour relancer aujourd’hui » le chantier de la réforme des retraites, Emmanuel Macron a déclaré qu’il serait nécessaire, dès l’an prochain, de prendre des décisions « claires » sur les retraites « pour préserver les pensions des retraités et la solidarité entre nos générations ». « Elles feront légitimement l’objet de débats démocratiques indispensables, mais elles devront suivre des principes simples : travailler plus longtemps en repoussant l’âge légal, aller vers un système plus juste en supprimant les régimes spéciaux, en harmonisant les règles entre public et privé et en faisant en sorte qu’au terme d’une carrière complète, aucune pension ne puisse être inférieure à 1 000 euros », a-t-il ajouté.


Il a annoncé, par ailleurs, qu’à compter du 1er décembre il faudra avoir travaillé au moins six mois dans les deux dernières années pour être indemnisé par l’Assurance-chômage.


Vers la construction de nouveaux réacteurs nucléaires

Le chef de l’Etat a par ailleurs annoncé que la France allait « développer les énergies renouvelables » et construire de nouveaux réacteurs nucléaires « pour la première fois depuis des décennies ». Cela « pour garantir l’indépendance énergétique de la France, pour garantir l’approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050 », a-t-il fait valoir.


La France, qui tire la majorité de son électricité du nucléaire, ne construit actuellement qu’un seul réacteur nucléaire de nouvelle génération, l’EPR de Flamanville (EDF), dont le chantier entrepris en 2007 n’est toujours pas achevé. Il devait être mis en service en 2012 et coûter 3,3 milliards d’euros. Son démarrage est désormais prévu en 2023 et devrait coûter, selon EDF, 12,4 milliards d’euros. La Cour des comptes, elle, estime que la facture totale serait plutôt de 19,1 milliards.


La France envisage de construire six EPR supplémentaires, et EDF avait remis au printemps un dossier au gouvernement sur la faisabilité et les conditions d’un tel programme. Le président Macron a aussi annoncé récemment des investissements dans un projet de futur petit réacteur (SMR).


« Si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergies décarbonées sur notre sol », a déclaré Emmanuel Macron, qui a déjà souligné les avantages de l’énergie nucléaire ces derniers mois, notamment du point de vue climatique.

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