Contraventions / PV au Code de la route : quelles conséquences fiscales et sociales pour l’entreprise ?
- Jérôme CRUVEILHER

- 16 janv.
- 3 min de lecture
Excès de vitesse, stationnement gênant, non-respect d’un feu rouge, téléphone au volant…Les infractions routières font malheureusement partie du quotidien, y compris dans le cadre professionnel. Pour une entreprise, la question n’est pas seulement “qui paie l’amende ?”. Elle est aussi (et surtout) :
Que peut-on déduire fiscalement ?
Y a-t-il un impact URSSAF si l’entreprise règle l’amende ?
Quelles obligations en cas de véhicule de société flashé ?
Quelles bonnes pratiques mettre en place pour éviter les risques ?
➡️ Voici un point complet, fiscal + social, avec les erreurs fréquentes à éviter.
La règle fiscale : une amende est en principe non déductible
✅ Le principe
En fiscalité, les amendes et pénalités ont un statut particulier : elles sont considérées comme des sanctions. Or, une sanction ne constitue pas une charge engagée dans l’intérêt de l’exploitation.
➡️ Résultat : les amendes et contraventions sont, en principe, non déductibles fiscalement.
Cela vise notamment :
amendes de police (radars, stationnement, circulation…),
pénalités contraventionnelles,
sanctions pénales.
✅ Conséquence pratique
En comptabilité, l’amende est bien enregistrée (ex. compte 6712), donc elle figure en charge. Mais en fin d’exercice, elle doit faire l’objet d’une :
👉 réintégration extra-comptable dans la liasse fiscale (IS/IR).
📌 Point important :Cette règle s’applique même si :
le véhicule appartient à la société,
le déplacement était effectué pour un rendez-vous client,
le salarié était en mission professionnelle,
l’entreprise choisit volontairement de prendre le coût à sa charge.
➡️ Fiscalement, cela reste une sanction : non-déductible.
Qui doit payer l’amende ? Entreprise ou conducteur : distinguer les responsabilités
C’est ici que beaucoup de situations se complexifient.
🔹 1. L’amende est “personnelle” : elle concerne le conducteur
Pour la majorité des infractions liées à la conduite (excès de vitesse, feu rouge, téléphone…), la responsabilité est attachée au conducteur. En pratique, même si le véhicule est celui de l’entreprise : c’est le salarié (ou dirigeant) qui est personnellement auteur de l’infraction. Dans ce cas :
l’amende est due par la personne,
et non par la société.
👉 Si l’entreprise la règle pour lui, on bascule alors dans le sujet social/URSSAF.
🔹 2. Certaines infractions peuvent concerner le “titulaire de la carte grise”
Exemples : certaines règles de stationnement, infractions constatées sans interception, etc.
Selon les cas :
l’amende peut être adressée à l’entreprise (carte grise au nom de la société),
mais la question du conducteur reste déterminante.
👉 Il faut donc analyser au cas par cas.
Le point “URSSAF” : paiement par l’entreprise = avantage en nature (souvent)
C’est le risque le plus fréquent en pratique.
✅ Le principe social
Lorsque le salarié commet une infraction et que l’entreprise décide :
soit de payer directement l’amende,
soit de rembourser le salarié,
➡️ cela revient à prendre en charge une dépense personnelle du salarié.
Et l’URSSAF assimile cette prise en charge à un avantage en argent (avantage en nature/avantage assimilé)
👉 Conséquences
Cet avantage est alors :
soumis à cotisations sociales
et doit (en principe) être intégré dans l’assiette fiscale du salarié.
📌 En clair : L’entreprise ne se contente pas de payer un PV → elle crée un avantage salarié.
⚠️ Les erreurs fréquentes
Beaucoup d’employeurs paient l’amende “pour aller vite” ou “pour éviter un conflit”.
Mais si l’entreprise règle des PV régulièrement :
sans refacturer au salarié,
sans traitement en paie,
sans justification,
➡️ le risque de redressement URSSAF est réel :cotisations + majorations + pénalités.
Véhicule de société flashé : obligation de désigner le conducteur (sinon sanction)
Lorsqu’une infraction est relevée par un radar automatique (ou dispositif assimilé) et que la carte grise est au nom de l’entreprise :
✅ l’entreprise doit :
soit désigner le conducteur dans les délais,
soit contester,
soit (dans certains cas) payer dans les conditions prévues.
⚠️ Attention : l’absence de désignation est elle-même sanctionnée : l’entreprise encourt une amende spécifique.
📌 Et surtout : payer l’amende initiale ne “règle pas toujours” le problème si la désignation est obligatoire.
👉 Sur le plan organisationnel, c’est un sujet majeur à sécuriser (RH / flotte auto / administratif).
Bonnes pratiques recommandées pour éviter les risques
Voici des mesures simples mais très efficaces.
✅ Mettre en place une procédure interne “PV”
identifier la personne qui reçoit les PV (courrier/ANTAI),
enregistrer immédiatement la date de réception,
suivre les délais de contestation/désignation,
conserver les justificatifs.
✅ Définir une politique claire : qui paie quoi ?
Dans une note interne ou règlement :
principe : PV à la charge du conducteur,
cas exceptionnels éventuels (à encadrer),
modalités de remboursement à l’entreprise.
✅ Si la société paie : sécuriser le traitement social
Si vous décidez exceptionnellement de payer un PV “conducteur” : intégrer le montant comme avantage en paie (ou refacturer).




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